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Chrime Kouemo: «La romance contemporaine africaine a un boulevard devant elle.»

Chrime Kouemo: «La romance contemporaine africaine a un boulevard devant elle.»

Chrime Kouemo est une auteure camerounaise. À son actif deux ouvrages, notamment «Les chemins de l'amour». Balthazar Atangana l'a rencontré pour nous.

 

B.A- Après "Retour triomphal au mboa", vous nous revenez, une fois de plus, avec une romance : "Les Chemins de l’amour". Qu'appréciez-vous dans l'écriture des romances ?

 

C.K- La romance parle à mon âme de romantique. Elle véhicule l’espoir, le bonheur et l’amour, des thèmes qui me sont chers. Ecrire des romances me fait me sentir bien, tout simplement.
Ce roman est le premier tome d'une série.

 

B.A- Comment avez-vous eu l'idée d'une série ?

 


C.K- Les chemins de l’amour a été publié la première fois sur la plateforme Muswada et plus tard sur Facebook. Il se trouve qu’à la publication du dernier chapitre, mes lectrices m’ont réclamé une suite arguant du fait que j’avais trop fait souffrir l’une des protagonistes. C’est ainsi qu’a germé l’idée d’une suite.

 


B.A- Le spirituel et le charnel cohabitent en permanence dans vos écrits. Quelle est votre intention fondamentale quand vous mettez en langue ce double rapport ?

 


C.K- L’être humain est une entité composée du corps, de l’âme et de l’esprit. Les trois sont indissociables à mon avis. J’essaie donc toujours de les mettre en avant. Au Cameroun où j’ai grandi et en Afrique en général, la spiritualité / religion tient une part importante dans notre éducation, qu’on soit chrétien, musulman, pratiquant du culte des ancêtres, vodun… De plus, les femmes subissent de nombreuses injonctions quant à l’usage de leur corps. Je trouve donc important de souligner ces aspects spirituels et charnels, très prégnants dans nos sociétés. 

 


B.A- Vos personnages ont des portraits psychologiques proches de la réalité. On sent et ressent, quelquefois, leurs émotions et on s'identifie même dans leur trajectoire par moment. Comment travaillez-vous sur la construction et l'évolution de vos personnages ?

 


C.K- Avant de me lancer dans l’écriture du premier jet de mes romans, je prépare toujours en amont les fiches de personnage et ce de la manière la plus complète possible. Les aspects physiques et psychologiques sont détaillés suivant l’évolution du roman. Je m’aide aussi par des livres de psychologie (type ennéagramme) pour approfondir certains aspects, surtout quand ce sont des profils qui ne sont pas piochés dans mon entourage direct (avis à mes proches, rires). Et pour finir, dès que je le peux, je suis des Master class pour améliorer ma pratique de l’écriture, donc ça m’aide pas mal.

 


B.A- À quand un dénouement tragique chez Kouemo ?

 


C.K- Euh… Jamais (rires). J’écris de la romance, dans un sous-genre «feel good», je ne cherche donc pas attrister mes lectrices et lecteurs. Je souhaite les faire pleurer de joie. Mais, peut-être un jour quand je m’essaierai à changer de style …

 

 

B.A- Pendant l'écriture, vos personnages vous font-ils souvent changer leur trajectoire et/ou leur destin à mesure que vous avancez dans la construction de l'intrigue ? 

 

 

C.K- Je fais partie de celles qui commencent toujours l’écriture d’un roman avec un plan rédigé du premier au dernier chapitre. Mais malgré cela, mes personnages parviennent toujours à vivre leur vie indépendamment de moi. Je reste rarement figée à mon plan d’écriture. 

 

 

B.A- Selon vous, quel est l'avenir de la romance contemporaine dans un contexte africain où ce sont les aventures romanesques tissées autour des thématiques socio-politiques qui sont plus ancrées dans les imaginaires ?


C.K- La romance contemporaine africaine a un boulevard devant elle tant par la diversité culturelle de ses auteures que par les défis auxquels doit faire face le continent. La romance africaine a cette particularité de pouvoir aborder les thématiques socio-politiques du continent sur fond d’histoire d’amour et ainsi de toucher un public adepte de la littérature « loisir ». On parle d’amour oui, mais dans un contexte qui nous est propre, avec nos réalités, et pour apporter un point de vue optimiste. L’un des plus grands défis de nos pays africains est de faire rêver sa jeunesse. Et je pense que la romance contemporaine a un rôle important à y jouer.

 


Propos recueillis par Baltazar Atangana Noah-Nkul Beti.
Critique littéraire.
(noahatango@yahoo.ca)

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